Une Expertise en Analyse Coût/Efficacité à APHRC: Dr Hermann Pythagore Pierre Donfouet

October 30, 2017

Par Dofini Nankoita, Chargé de communication et de publication de l’ISSP

Il a intégré l’équipe d’APHRC un an bientôt en qualité d’économiste de la santé. Lui, c’est le Dr Hermann Pythagore Pierre Donfouet, qui apporte son soutien au centre en analyse des données et du coût/éfficacité dans les unités de recherche « Maternal Child Welfare »  et « Education and Youth Employment »….

  1. Vous êtes l’un des nouveaux (seul) économistes de la santé à l’APHRC. Comment votre expérience enrichit et élargit-elle ce qu’APHRC entreprend en matière de recherche ?

A APHRC, je suis pour le moment le seul économiste de la santé. J’apporte mon soutien en économétrie appliquée des études d’impact comme par exemple le design, la méthode d’échantillonnage, les outils économétriques à utiliser.

J’interviens aussi pour explorer le coût/efficacité de certains projets. De plus en plus, les décideurs sont intéressés de savoir si en injectant leur argent dans tel ou tel projet, ils peuvent s’attendre à un retour d’investissement. Mon rôle est de leur donner des orientations par rapport à toutes ces attentes.

aphrc.org

Hermann Donfouet

  1. Parlez-nous de votre projet de recherche le plus intéressant, soit ici, soit pendant vos travaux antérieurs.

Le projet qui est le plus intéressant pour moi est celui portant sur la malnutrition. C’est un projet que j’ai développé ensemble avec les chercheurs du Centre et qui vise à lutter contre la malnutrition dans les régions semi-arides du Kenya, notamment à Isiolo et à Turkana. Ce projet consiste à former les agents de relais (les CHVs) de sorte qu’ils puissent diagnostiquer et traiter la malnutrition. L’idée, c’est de savoir si en renforçant les capacités de ces agents en dépistage et en traitement de la malnutrition, cela pourrait faire reculer le fléau. Il s’agit d’examiner aussi si une telle intervention est coût-efficace.

3. Avez-vous déjà obtenu des résultats exploitables? Et / ou de quels résultats / travail êtes-vous le plus fier dans votre carrière?

Ce projet, financé par l’Unicef, est à ses débuts. Nous n’avons donc pas encore de résultats exploitables. Et cela est valable pour les autres projets dans lesquels je suis impliqué.

Mais j’aimerais vous parler de recherches que j’ai conduites, dans le cadre de ma thèse, et qui ont abouti à des résultats exploitables par les décideurs publics, notamment du Cameroun et de l’Afrique subsaharienne.  Ces résultats portent sur l’assurance des ménages à faibles revenus.

Après cinq ans de recherche, j’ai montré que si le système de prépaiement est bien conçu, implémenté dans les zones rurales, alors les ménages à faibles revenus pourraient mieux y contribuer. Je montre également dans mes travaux que le succès d’un système de couverture de risque maladie dépend d’un capital social important dans la communauté. Cela veut dire que dans une société où ce système est implémenté, s’il n’y a pas un capital social important, la soutenabilité du système d’assurance sera difficile. Il y a des outils d’économétrie que j’ai utilisés pour montrer qu’il y a une corrélation forte entre la demande du système de prépaiement et le capital social dans la communauté

Ensuite, j’ai aussi montré dans mes travaux que les effets des réseaux jouent un rôle majeur pour la durabilité de l’assurance communautaire. On sait que dans nos sociétés, nos ménages vivent souvent en réseau, et lorsque vous allez vers un ménage avec un nouveau produit, avant d’y souscrire, le ménage aimerait savoir ce que les ménages voisins en pensent et s’ils ont, eux aussi, la possibilité de souscrire au nouveau produit. Alors, j’ai montré qu’il y a une forte corrélation entre « ma décision » de souscrire à un produit et la décision des ménages environnants.

  1. Tous les travaux présentent des défis. Quelles difficultés rencontrez-vous en tant que chercheur?

Plusieurs difficultés se posent à nous. D’abord, nous travaillons en équipe alors que nous sommes issus de régions et de cultures différentes. Chacun a ses humeurs et ses sensibilités qu’il faut savoir gérer, ce qui n’est pas toujours évident. Un autre défi, ce sont les contraintes que nous avons pour faire des études d’impact parce que nous aimerions avoir des clusters (unités d’analyse) qui soient importants mais ceux qui implémentent les projets ne nous laissent pas souvent le choix. Une autre difficulté est celle liée à la langue. Au Kenya, la langue la plus parlée est le swahili. Il va falloir que nous nous y mettions pour faciliter la communication entre la population locale et nous.

Qu’à cela ne tienne, ces contraintes ne m’empêchent pas d’aller de l’avant, surtout quand je tiens compte de l’intérêt général du centre et des objectifs qui m’ont poussé à venir ici. Lesquels sont de contribuer au bien-être des ménages à faibles revenus par la recherche.

  1. Si vous étiez obligé de changer de carrière, laquelle choisiriez-vous ?

Si par extraordinaire la profession d’économiste devait être supprimée, m’obligeant à changer de métier, je me donnerais à l’humanitaire pour apporter mon aide à des projets de construction d’écoles, de nutrition des enfants, bref, tout ce qui pourrait concourir à assurer l’avenir des communautés.

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